Présentation du documentaire Libre

Crédit photo : Daniela Bularda  Visuel: Jessica C. et Valérie T Gravel Graphisme: Lee Belley, Jessica C. et Valérie T. Gravel

L’initiative du projet documentaire Libre a été soutenue par plus de 65 contributeurs-trices en ligne et une centaine d’autres en personne! Visitez la campagne de financement collectif pour plus de détails. 

SYNOPSIS

Au cœur du Tara Motsilor, une communauté ethnographique peu connue de la Roumanie, les Motsi, vivent majoritairement de la culture de subsistance. C’est à travers la conservation de leurs liens avec les animaux et les traditions qu’une lutte pour la survie et la liberté se dessine au quotidien, alors que leur mode de vie est de plus en plus menacé depuis le tournant néolibéral du pays, qui a suivi la chute du communisme en 1989 et l’entrée dans l’Union européenne en 2007. C’est en partageant le quotidien de deux familles, particulièrement deux femmes, que nous connaîtrons leur histoire et leur perception des changements survenus en quelques années seulement.

MOTIVATIONS ET CHOIX ARTISTIQUES

« Libre » est née de mon intérêt pour les milieux alternatifs et les disparitions identitaires. En lisant sur la Roumanie, j’ai découvert l’existence de cette communauté ethnographique dont les origines sont peu documentées. D’abord attirée par le manque de connaissances à leur sujet, je me suis vite intéressée à leur mode de vie basée sur l’autosubsistance et leur forte identité culturelle qui les a poussés à se battre pour conserver leur territoire au fil des envahissements qu’a connu la Roumanie. Si la Roumanie n’est pas le tiers-monde ni un pays « exotique », c’est toutefois un pays charnière du passage d’une société traditionnelle à une société moderne, d’un modèle politique communiste et dictatorial à un modèle capitaliste et démocratique. En vingt ans seulement, l’ensemble des politiques sociales et économiques a changé drastiquement, marqué par la chute du communisme en 1989 et l’entrée dans l’Union européenne en 2007.

Les Motsi, m’ont fait réfléchir à notre mode de vie effréné, aux pratiques d’austérité retenues par nos gouvernements actuels, à notre « place » dans la mondialisation. Je me suis demandé comment ces personnes qui habitent dans différentes régions de la Transylvanie, berceaux des envahissements, perçoivent les changements survenus dans leur pays? De quelle façon cela affecte leur mode de vie, leur tradition, leur vision des choses? Comment s’adaptent-elles? C’est dans ce contexte de fragilité identitaire que j’ai décidé de faire un documentaire sur eux.

Filmé en cinéma direct, le documentaire prend forme dans l’intimité que j’ai partagée avec les protagonistes sur une période de plus de quatre mois. C’est par cette expérience subjective et évolutive du quotidien, que se révèle leur mode de vie et que sont dévoilées leurs pensées, leurs espoirs et leurs interrogations sur les changements actuels. Ce sont des moments de leur réalité, des conversations attrapées au vol, ou encore, des entrevues qu’ils m’ont accordées spontanément. Il n’y a eu aucune mise en scène, c’est le présent et la spontanéité qui ont primés. Pour préserver la relation d’intimité, je n’ai eu recours à aucun traducteur sur le terrain.